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PRINCIPIA CHAOTICA

Chaos Magick pour le Pandaemeon

jeudi 14 septembre 2006, par Peter J. Carroll

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Dans la Chaos Magick, les croyances ne sont pas perçues comme des fins en elles-mêmes, mais comme des outils de création d’effets désirés. Afin de réaliser totalement ceci, il faut faire face à une terrible liberté dans laquelle Rien Est Vrai & Tout est Permis ; ce qui signifie que tout est possible, qu’il n’existe aucune certitude, et que les conséquences peuvent être monstrueuses. Le rire semble être la seule défense contre la prise de conscience du fait qu’il n’existe même pas de réalité en tant que telle.

Le but des rituels de la Chaos est de créer des croyances en agissant comme si ces croyances étaient vraies. Dans les rituels de la Chaos, vous trichez avec ces croyances jusqu’à ce vous les réalisiez, obtenant alors le pouvoir qu’une croyance peut fournir. Après, si vous êtes censé, vous en rirez et vous chercherez, emporté par la Chaos, d’autres croyances pour toutes choses que vous désirerez alors obtenir.

Ainsi, le Chaoïsme proclame la Mort et la Renaissance des Dieux. Notre créativité subconsciente et nos pouvoirs parapsychologiques sont plus qu’adéquats pour créer ou détruire tout dieu ou tout « moi » ou tout démon ou toute autre entité spirituelle dont nous pouvons choisir d’investir ou de quitter la croyance. Les résultats parfois merveilleux que l’on atteint par la création des dieux, par les actes rituels, comme si ces dieux existaient, devraient mener le magicien de la Chaos dans les abysses de l’attribution de réalité à n’importe quoi. C’est là l’erreur des transcendendalistes qui mène à la restriction du spectre du moi. La véritable beauté repose dans la variété des choses dont nous pouvons nous découvrir capables, même si nous pouvons temporairement croire que les effets sont dus à quelque chose d’autre, afin d’être capable de les créer. Les dieux sont morts. Vivent les dieux !

La Magie attire ceux qui possèdent une grande dose d’imagination couplée avec un doute profond de la réalité et le pressentiment que la condition humaine est un jeu. Le jeu est ouvert et joue lui-même pour l’amusement. Les joueurs peuvent bâtir leurs propres règles et tricher en utilisant la parapsychologie.

Un magicien est une personne qui a vendu son âme pour une chance de participer plus pleinement dans la réalité. Ce n’est que lorsque Rien est Vrai, et que l’idée d’un moi véritable est abandonnée que Tout Est Permis. Il y a une certaine justesse dans le mythe de Faust mais il échoua à en comprendre la conclusion logique.

Cela ne demande que l’acceptation d’une simple croyance afin de faire de quelqu’un un magicien. C’est la méta-croyance que la croyance est un outil qui a pour but d’obtenir des effets. Cet effet est souvent bien moins aisé à observer dans les autres qu’en soi-même. Il est habituellement assez facile de voir comment les gens, et en réalité des cultures entières, sont à la fois rendus puissants et impuissants par les croyances qu’ils observent. Les croyances tendent à mener à des activités qui tendent à confirmer la croyance dans un cercle qu’ils appellent « vertueux » plutôt que « vicieux », même si les résultats ne sont pas amusants. La première étape de voir au travers du jeu peut être une illumination soudaine qui mène à un cynisme désabusé ou au bouddhisme. La seconde étape, qui est d’appliquer la vision intérieure, peut détruire l’illusion de l’âme et créer un magicien. La prise de conscience que la croyance est un outil plutôt qu’une fin en soi a d’immenses conséquences. Dans les limites permises par les possibilités physiques, et ces limites sont plus grandes et plus malléables que la plupart des personnes ne le pensent, on peut rendre réelle n’importe quelle croyance voulue, en ce comprises les croyances contradictoires. Le magicien ne court pas après un but bien identifié, mais il cherche plutôt une méta-identité de l’être capable de tout.

Ainsi, bienvenue à la Kali Yuga du Pandaemonaeon dans laquelle Rien est Vrai et Tout est Permis. Car en ces jours post-absolutistes il est préférable de construire sur des sables mouvants plutôt que sur du rocher qui vous broiera le jour où il s’écroulera. Les philosophes ne sont devenus que des gardiens d’un sarcasme utilitaire, car le secret est là dehors et il n’y a pas de secret de l’univers. Tout est Chaos et l’évolution ne va nulle part en particulier. C’est la chance pure qui dirige l’univers et donc, et donc seulement, la vie est belle. Nous sommes nés accidentellement dans un monde de hasard où les causes apparentes semblent mener à des effets apparents, et où toutes les choses, mêmes les plus infimes, sont prédéterminées grâce au Chaos. Comme tout est arbitraire et accidentel, alors il se peut que ces mots soient trop faibles et péjoratifs, et peut-être devrions-nous dire que la vie, l’univers et tout est spontanément créatif et magique.

En théorisant la réalité scolastique, nous ne pouvons que voiler les définitions magiques de l’existence. Les voies de l’excès peuvent cependant mener à un lieu de sagesse, et de multiples choses indéterminées peuvent survenir sur le chemin de l’équilibre thermodynamique. Il est vain de chercher un sol stable sur lequel se tenir. La stabilité est une illusion, comme le pied qui se tient dessus, et comme le moi qui pense qu’il le possède est la plus transparente de toutes les illusions.

Les puissants vaisseaux de la foi sont troués et coulent avec les radeaux de survie et les canots de sauvetage. Alors, ferez-vous vos courses au supermarché de la sensation et laisserez-vous vos préférences de consommation définir votre propre réalité ? Ou bien, y volerez-vous de manière flamboyante et le coeur léger, juste pour le fun ? Car la croyance est un outil pour atteindre quelque but que l’on désire considérer comme important ou jouissif, et la sensation n’a d’autre but que la sensation elle-même. Alors, aidez-vous de ces armes sans en payer le prix. Sacrifiez la Vérité pour la Liberté à la moindre opportunité. La plus grand plaisir, la plus grande liberté et la plus grande réussite sont en vous. Il y a peu de mérite à être quelqu’un si vous êtes destiné à le devenir par accident de naissance ou de circonstance. L’enfer est la condition dans laquelle on a aucune alternative.

Rejetez donc les obscénités de l’uniformité étroite, de l’ordre et de l’utilitaire. Tournez-vous et faites face aux vagues du Chaos que les philosophes ont pressenties avec terreur pendant des millénaires. Plongez dans et ressortez de leur crête, surfant parmi les étrangetés sans limite et le mystère de toutes choses. Grâce au Chaos nous ne pourrons jamais les épuiser. Créez, détruisez, jouissez, IO CHAOS !

* Origine : ChaosBox : Nothing is true -> all is permitted... (2:243/2) et http://www.spiralnature.com/magick/chaos/principiachao.html

[Note : chapitre 3 du Liber Kaos de Peter Carroll, p. 75-79. Traduction par Spartakus FreeMann, septembre 2006 e.v.]

Sans licence

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2 Messages de forum

  • > PRINCIPIA CHAOTICA

    20 décembre 2006 21:09, par picham
    je vien de finir ce livre et il offre des perspectives deconcertante quand au croyance de nos cultures ascendante (ante christ& tuti fruti) leurs symbolique et nos tatonnante decouverte modearne de l’adn

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  • PRINCIPIA CHAOTICA

    10 juin 19:29, par protoplasma
    génial la fin, moi qui aie fait des études de philo le coup sur le pressentiment peureux des philosophes au sujet du Chaos est tout à fait admirable !

    Répondre à ce message


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